Commerce équitable

Le cacao équitable : briser le cycle de la pauvreté

Traditionnellement, la faiblesse du prix des fèves de cacao sur le marché mondial avait comme conséquence d’enfermer les cacaoculteurs dans un cycle de pauvreté. Le commerce équitable, ainsi que d’autres pratiques de développement durable comme l’agriculture biologique et sous couvert forestier et le mouvement coopératif, constituent des moyens de briser ce cycle.

Voici comment le cycle fonctionne :

La faiblesse du prix des fèves de cacao sur le marché mondial...entraine un manque de ressources pour les agriculteurs...qui oblige les cacaoculteurs à s’endetter... qui engendre une mauvaise qualité permanente du cacao...qui empêche le pays de demeurer concurrentiel...

Les cacaoculteurs se retrouvent alors dans la situation suivante :

  • Ils doivent emprunter de l’argent pour répondre aux besoins essentiels et aux urgences médicales de leurs familles;
  • Des prêts à taux d’intérêt élevé sont consentis par des intermédiaires peu scrupuleux basés sur le revenu anticipé de la récolte à venir;
  • Les agriculteurs tentent de rembourser les prêts avec la récolte, mais demeurent endettés en raison des taux d’intérêt élevés;
  • Ils se retrouvent sans liquidités et n’ont souvent d’autre recours que de migrer vers les villes dans l’espoir d’échapper à ce cercle vicieux.

Le commerce équitable brise le cycle de maintes façons.

Premièrement, le commerce équitable garantit aux producteurs un prix équitable pour les fèves de cacao. En 1999, le prix du cacao sur le marché mondial était de 1 300 $US/tonne. Toutefois, en 2000, ce prix a chuté pour atteindre son cours le plus bas à 640 $US/tonne. Lorsqu’une culture est si fortement sous-évaluée, les agriculteurs n’ont d’autre choix que d’entrer dans le cycle de l’endettement à taux d’intérêt élevé et du service de la dette impossible à assurer. Au cours de la même année, le cacao équitable garantissait aux agriculteurs un prix minimal de 1 750 $US/tonne pour le cacao conventionnel, et une prime supplémentaire de 200 $US/tonne pour le cacao biologique, permettant ainsi de briser le cycle infernal.

Deuxièmement, le cycle peut être brisé en achetant le cacao de coopératives. Celles-ci consolident la situation des agriculteurs individuels de plusieurs façons. Des coopératives comme CONACADO [lien à la page CONACADO] offrent des prêts à ses membres à des conditions favorables pour les agriculteurs. Elles vendent, au nom de leurs membres, de façon directe sans intermédiaire, s’assurant du même coup que les petits agriculteurs obtiendront un meilleur prix et un bénéfice en fin d’année. CONACADO a également le mandat d’offrir de la formation en amélioration de la qualité, notamment par la production biologique. Tout cela signifie que les agriculteurs disposent de ressources supérieures et meilleures, leur permettant non seulement de faire des plans pour l’avenir, mais également d’investir dans leurs propres collectivités.